top of page

Symptômes du burn out : les signes à ne pas ignorer

17 oct.
5 min de lecture

Dernière mise à jour : 30 oct.

Femme fatiguée qui fait une pause, symptômes du burn out

Les symptômes du burn out touchent à la fois le corps, les émotions et la pensée : une fatigue qui ne passe plus avec le repos, des nuits agitées, une irritabilité inhabituelle, des trous de concentration et, peu à peu, l'impression de ne plus rien ressentir pour ce qui comptait. Leur particularité : ils s'installent lentement, si bien qu'on les repère souvent tard. Voici comment les reconnaître, et quand consulter.



Le burn out, de quoi parle-t-on ?

Le burn out (ou burn-out), aussi appelé syndrome d'épuisement professionnel, est un épuisement à la fois physique, émotionnel et mental. Il apparaît après un investissement prolongé dans un travail exigeant, souvent sur le plan émotionnel.

Depuis 2022, la classification internationale de l'Organisation mondiale de la santé (CIM-11) le décrit comme un phénomène lié au travail, qui résulte d'un stress chronique qui n'a pas pu être géré. Elle ne le classe pas parmi les maladies, mais parmi les motifs de consultation. Elle retient trois dimensions :


  • un épuisement, la sensation d'avoir les batteries vides ;

  • une mise à distance du travail : détachement, cynisme, indifférence ;

  • une perte d'efficacité : l'impression de ne plus y arriver, de ne plus être à la hauteur.



Les symptômes du burn out, famille par famille

La Haute Autorité de santé (HAS) les regroupe en cinq familles. Rares sont les personnes qui les présentent tous : c'est leur accumulation et leur durée qui doivent alerter.


Dans le corps

Une fatigue profonde qui ne cède ni au week-end ni aux vacances, des troubles du sommeil (difficulté à s'endormir, réveils au milieu de la nuit), des maux de tête, des douleurs musculaires ou de dos, des vertiges, des troubles digestifs.


Dans les émotions

De l'anxiété, une humeur en baisse, une irritabilité pour des détails, des larmes qui montent sans raison apparente. Ou, à l'inverse, une forme d'anesthésie : plus rien ne vous touche.


Dans la tête

Des oublis, du mal à vous concentrer, à organiser votre journée, à prendre des décisions simples. S'y ajoute souvent une surcharge mentale : la liste de ce qu'il reste à faire tourne en boucle, même au moment de dormir. Répondre à un email devient un effort.


Dans le comportement et les relations

Le repli sur soi, l'envie d'éviter les autres, moins de patience et d'empathie, des tensions avec les collègues ou les proches. Parfois aussi davantage de café, d'alcool, d'écrans ou de médicaments pour tenir.


Dans le rapport au travail

Une motivation qui s'effrite, le sentiment que ce que vous faites ne sert à rien, des doutes sur vos compétences, une boule au ventre le dimanche soir.



Les premiers signes, ceux qu'on balaie

Le burn out n'arrive pas du jour au lendemain. Il touche souvent des personnes très investies, consciencieuses, qui ont du mal à dire non. Au début, on compense : on dort moins, on en fait plus, on « tient jusqu'aux vacances ». Les premiers signaux passent alors pour de la fatigue ordinaire :


  • vous êtes fatigué(e) dès le réveil ;

  • vous n'arrivez plus à décrocher le soir ou le week-end ;

  • vous renoncez à ce qui vous ressourçait (sport, amis, loisirs), faute d'énergie ;

  • vous vous sentez coupable de vous reposer.


Si plusieurs de ces signes durent depuis des semaines, c'est le moment d'en parler, avant que le corps ne décide à votre place.



Burn out, simple fatigue ou dépression ?

Une fatigue passagère s'améliore avec le repos ; le burn out, non. La dépression, elle, peut donner des symptômes très proches, et les deux peuvent coexister. Seul un médecin peut faire la différence. Il vérifie aussi, par un bilan, qu'aucune cause physique n'explique votre fatigue. C'est pourquoi la première étape reste toujours votre médecin traitant.



Ce que j'observe en cabinet

Les personnes que je reçois à mon cabinet de Roiffieux, près d'Annonay, ou en visio arrivent rarement en disant « je fais un burn out ». Elles parlent d'un sommeil qui ne répare plus, d'une colère qui déborde sur leurs enfants ou leur conjoint, du sentiment de ne plus se reconnaître. Beaucoup ont longtemps pensé qu'elles n'avaient pas le droit d'être fatiguées.


L'épuisement ne vient pas toujours du seul travail. Chez certains parents, il naît de la charge du quotidien familial : on parle alors de burn out parental. Il ne remet pas en cause l'amour porté à ses enfants. Il signale que les ressources sont à sec.


En séance, nous commençons par rendre visible ce qui épuise, puis nous travaillons ce qui empêche de ralentir : l'exigence envers soi, la difficulté à poser des limites, la peur de décevoir. Selon les personnes, je m'appuie sur la relaxation, la visualisation, l'écriture ou le jeu de sable.



Un exercice pour faire le point : le relevé d'énergie

La fatigue brouille la vue d'ensemble : on ne sait plus si c'est « une mauvaise semaine » ou un épuisement installé. L'écriture aide à y voir clair. Comptez 10 minutes le soir, pendant 7 jours.


Cet exercice ne pose pas de diagnostic et ne remplace pas une consultation :


  1. Tracez deux colonnes sur une feuille ou dans un carnet : « Ce qui m'a pris de l'énergie » et « Ce qui m'en a rendu ».

  2. Notez trois éléments dans chaque colonne, même minuscules : un appel difficile, un trajet, un café pris au soleil.

  3. Donnez une note à votre énergie du jour, de 0 (complètement vidé) à 10 (en pleine forme).

  4. Au bout de 7 jours, relisez tout : Quelle colonne se remplit le plus facilement ? Qu'est-ce qui revient d'un jour à l'autre ?


Si votre note reste sous 4 la plupart des jours, ou si la colonne « Ce qui m'en a rendu » reste presque vide, prenez-le au sérieux et parlez-en à votre médecin. Ce repère est un outil que j'utilise en séance, ce n'est pas un test médical.



Quand consulter, et que faire ?

  1. Consultez votre médecin traitant. Il pose le diagnostic, écarte une autre cause et peut prescrire un arrêt de travail, souvent nécessaire pour récupérer.

  2. Pensez au médecin du travail. Avec votre accord, il peut aider à adapter votre poste et à préparer votre retour.

  3. Allégez ce qui peut l'être. Notez tout ce qui occupe votre esprit, puis triez : ce qui peut attendre, être confié à quelqu'un d'autre ou être abandonné.

  4. Faites-vous accompagner. Un accompagnement psychologique, en complément du suivi médical, aide à comprendre ce qui vous a mené(e) là et à retrouver un rythme qui vous respecte.


Pour savoir comment je travaille, découvrez mon accompagnement sur la page Burn out et épuisement.



Vos questions sur les symptômes du burn out


Quels sont les premiers symptômes du burn out ?

Le plus souvent : une fatigue qui ne passe plus avec le repos, des troubles du sommeil, une irritabilité inhabituelle et la difficulté à décrocher du travail. Ils s'installent progressivement, sur des semaines ou des mois.


Peut-on faire un burn out sans s'en rendre compte ?

Oui, c'est même fréquent. Comme les signes arrivent lentement, on s'y habitue et on les met sur le compte du stress du moment. Ce sont souvent les proches qui remarquent les premiers le changement.


Le burn out concerne-t-il seulement le travail ?

La définition officielle concerne le travail. Mais un épuisement comparable peut toucher les parents (burn out parental) ou les personnes qui aident un proche malade. Les signes se ressemblent et méritent la même attention.


Qui consulter en premier ?


Votre médecin traitant. Une psychopraticienne peut vous accompagner en complément, jamais à la place du suivi médical.





© Laureen David


Cet article informe, il ne remplace pas un avis médical. Si vous traversez des pensées sombres, appelez le 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit et joignable 24 h sur 24.

Sources : Haute Autorité de santé, fiche mémo « Syndrome d'épuisement professionnel ou burnout », 2017 · Organisation mondiale de la santé, CIM-11, 2022.

bottom of page